Icône du site Watch Museum: Découvrez le Monde des Montres de Poche Antiques et Vintage

Qu'est-ce qu'une montre de poche à "Fusee" ?

Montre de poche VergeEscarpment 1787

Montre de poche VergeEscarpment 1787

L'évolution des instruments de mesure du temps possède une histoire fascinante, passant des imposantes horloges à poids aux montres de poche plus portables et sophistiquées. Les premières horloges fonctionnaient grâce à de lourds poids et à la gravité, ce qui limitait leur portabilité et nécessitait un montage vertical. L'invention du ressort moteur a révolutionné ce système, permettant la création de garde-temps portables, mais elle a engendré son lot de défis, notamment la diminution de la force à mesure que le ressort se détendait. Ce problème a été ingénieusement résolu par le développement du mécanisme à fusée, un système utilisant une fine chaîne et un cône tronqué pour réguler la force du ressort moteur, assurant ainsi une alimentation électrique constante. Les premières montres à fusée, dites « à verge », étaient montées verticalement et arboraient souvent des motifs artistiques élaborés, bien qu'elles n'aient pas toujours été des plus précises. Le début du XIXe siècle vit l'apparition de l'échappement à ancre, qui permit la fabrication de montres plus fines et plus précises, même si l'ornementation y était moins soignée. Cet article explore les subtilités des montres de poche à fusée, illustrant leurs progrès mécaniques et leurs évolutions esthétiques au fil du temps.

Les premières horloges étaient actionnées par de lourds poids suspendus à de longues chaînes. Chaque jour, le poids était remis en place au sommet de l'horloge, et tout au long de la journée, la gravité l'attirait vers le bas, entraînant ainsi la rotation des engrenages. Malheureusement, ce système ne fonctionnait que si l'horloge était fixée verticalement et qu'il y avait suffisamment d'espace pour que les poids puissent pendre. L'invention du ressort moteur a cependant permis de rendre les horloges portables et a finalement donné naissance à ce que nous appelons aujourd'hui une montre de poche. Un problème des premiers ressorts moteurs était que, à mesure qu'il se détendait, il perdait de la force, et par conséquent, la montre ou l'horloge retardait progressivement au fil de la journée.

Les montres « à fusée » [également appelées « à entraînement par chaîne »] utilisent une chaîne très fine reliant le barillet du ressort moteur à un cône tronqué spécial [la « fusée »] pour réguler la force du ressort lorsqu'il se détend, comme le montrent les exemples ci-dessous :

Lorsque le ressort de barillet se détend, la chaîne se déplace du haut vers le bas de la fusée, augmentant ainsi la tension sur le ressort. Les anciennes montres à fusée utilisaient un échappement à verge qui, monté verticalement à l'intérieur de la montre, imposait à cette dernière une épaisseur importante. Ces montres, généralement appelées « fusées à verge », étaient généralement moins précises que leurs homologues plus récentes, malgré quelques exceptions notables comme le célèbre chronomètre de marine « n° 4 » de John Harrison. Pour compenser ce manque de précision, les fusées à verge étaient presque toujours de véritables œuvres d'art, arborant des ponts de balancier (ou « coqs ») finement gravés et ajourés à la main, ainsi que d'autres ornements.

Au début du XIXe siècle, les montres à fusée commencèrent à être fabriquées avec le nouvel échappement à ancre qui, monté horizontalement et non plus verticalement, permettait de réduire la finesse des montres. Ces montres à fusée à ancre étaient également généralement beaucoup plus précises. Cependant, à mesure que leur précision augmentait, l'aspect artistique fut relégué au second plan, et l'on observe rarement des gravures ou des perforations réalisées à la main sur les montres à fusée à ancre plus récentes.

L'amélioration de la conception du ressort de barillet, ainsi que des réglages spécifiques du balancier et du spiral, ont finalement rendu la fusée superflue. Vers 1850, la plupart des horlogers américains l'avaient complètement abandonnée, tandis que de nombreux horlogers anglais continuaient à fabriquer des montres à fusée jusqu'au début du XXe siècle. Une exception notable fut la Hamilton Watch Company américaine, qui décida d'utiliser une fusée dans son chronomètre de marine modèle n° 21, construit pour le gouvernement américain dans les années 1940. Ce choix était probablement davantage dû au fait que le modèle était basé sur des chronomètres européens existants qu'à la nécessité des propriétés particulières de la fusée.

Remarque importante concernant le remontage d'une montre à fusée : bien que de nombreuses montres à fusée françaises et suisses se remontent par un trou dans le cadran, la plupart des montres à fusée anglaises se remontent par l'arrière, comme une montre à remontage manuel classique. Il existe cependant une différence cruciale ! Une montre classique (non à fusée) se remonte dans le sens horaire. Il en va de même pour la plupart des montres à fusée qui se remontent par un trou dans le cadran. En revanche, une montre à fusée qui se remonte par l'arrière se remonte dans le sens antihoraire. La chaînette de la fusée étant très fragile, il est très facile de la casser en essayant de remonter la montre dans le mauvais sens. Par conséquent, en cas de doute sur le type de votre montre (à fusée ou non), essayez d'abord de la remonter délicatement dans le sens antihoraire

Une dernière précision : les montres à fusée se distinguent non seulement par la fusée elle-même, mais aussi par la fine chaîne reliant la fusée au barillet spécial. Une montre sans fusée est donc généralement qualifiée de « montre à barillet mobile » pour la différencier d’une montre à fusée.

4,6/5 - (25 votes)
Quitter la version mobile